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Viols : quelle est la situation en France ?


La pièce Consentement écrite par Nina Raine



Question de : Natacha, 22 ans, étudiante : "Quelle est la situation concernant les viols en France ?".

Réponse de : Alexis, 19 ans, étudiant.



Le 22 février 2018, mesdames les députées Sophie Auconie et Marie-Pierre Rixain ont rendu un rapport d’information à l’Assemblée nationale portant sur le viol.

Il en résulte qu’aujourd’hui en France 108 000 individus (93 000 femmes et 15 000 hommes) sont victimes de viol ou de tentative de viol annuellement (chiffres de 2017) soit 12 personnes toutes les heures.

Parmi ces personnes 91% d’entre elles connaissent leur agresseur mais seulement 9% – soit moins d’une personne sur dix – portent plainte.


Les répercussions de ces actes de violence sont telles :

  • 78% des victimes déclarent avoir eu des pensées suicidaires dont 42 % ayant effectué une tentative.

  • 50% des victimes ont désormais des tendances addictives.

  • 50% des victimes ont développé des troubles dépressifs répétés.


Les deux députées dénoncent également la « culture du viol » qui règne en France.


Toutefois elles soulignent aussi que cette culture du viol ne vient pas exclusivement des phallocrates qui minimisent les agressions sexuelles – faites notamment aux femmes – mais également des femmes elles-mêmes. En effet, comme il est expliqué dans ce rapport, les femmes victimes d'une agression ont tendance à trouver des excuses à leur agresseur, d’autant plus qu’elles le connaissent : « Il avait bu », « Il venait de se disputer avec son amie et il n’avait pas de travail » (exemples provenant du rapport). 


Le rapport poursuit ainsi : « cette déresponsabilisation de l’agresseur et responsabilisation de la victime participent directement à une forme de tolérance des violences sexuelles dans notre société.

Cet environnement social et médiatique culpabilise les femmes victimes et ne les incite pas à dénoncer les violences subies. ».


Pour palier à cette culture française du viol Mmes Sophie Auconie et Marie-Pierre Rixain proposent trois axes d’amélioration :

  1. La sensibilisation de la société à la réalité des crimes de viol.

  2. Le développement de l’éducation à la sexualité et à l’égalité.

  3. Le contrôle des images dégradantes des femmes.


Toutefois, malgré des rapports alarmants sur la condition féminine – un féminicide tous les deux jours en France – les choses semblent toujours évoluer trop lentement.


Pour finir il est nécessaire de rappeler qu’au titre de l’article 222-23 du code pénal « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle. ».