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Les fast-foods sont-ils la cause de l'obésité ?


Hot dog de Roy Lichtenstein, 1964



Question de : Arthur, 19 ans, étudiant : "Les fast-foods sont-ils la cause de l'obésité ?".

Réponse de : Alexis, 19 ans, étudiant.



Le hot dog fait maintenant partie de la grande famille des fast-foods (ou « malbouffe » selon le point de vue). Dans l’Hexagone, la restauration rapide s’installe dans la seconde moitié du 20ème siècle mais a du mal à séduire les Français de l’époque, encore trop attachés à la nourriture de qualité.


L’œuvre de Roy Lichtenstein peut ainsi donner faim ou faire sourire mais également faire réfléchir sur l'impact des hot dogs - et plus largement la restauration rapide - sur l'évolution de nos corps. Avec plus de 15% d’obèses en France, la malbouffe est pointée du doigt (Santé publique France). 

Rappelons que l’obésité peut avoir pour conséquence les diabètes, les maladies cardiaques ou encore les cancers. Selon l’OMS, l’obésité est la 5ème cause de mortalité dans le monde avec presque 3 millions de personnes tuées chaque année soit presque autant qu’avec la malnutrition…

Economiquement, l’obésité coûte 6,5 milliards d’euros par an en frais de soins en France.


Reste à savoir si cet aliment populaire neutre et insignifiant que nous présente Lichtenstein est la cause de l’obésité.



Les deux facteurs d’obésité sont, selon l’INSERM et selon le docteur Marion Nestle (interrogée par l’OMS), les nouveaux modes d'alimentation d’une part et le manque d’activités physiques d’autre part – marqué par la sédentarisation des quotidiens populaires.


Pour ce qui est de l’activité physique, l’INSERM recommande 2h30 de sport par semaine pour se maintenir en forme.


Concernant l'alimentation, le problème majeur remonte aux années 1970 où « les denrées alimentaires sont devenues plus caloriques » notamment à cause de l’agriculture intensive et à l’utilisation de produits chimiques.


Au XXIème siècle, les deux principaux facteurs d’obésité liés à l’alimentation sont :

1- Une augmentation de l’apport calorique journalier

2- La baisse du coût de la nourriture et sa plus grande disponibilité


Premièrement l’apport calorique varie entre 1800 et 3500 calories par jour selon le poids, la taille, l’âge, le sexe, l’activité, l’état de santé.

Par exemple un big mac, véritable icône de la junk food, contient environ 500 calories (selon Mcdo) et un menu big mac environ 1150 selon Ça m'intéresse.


Deuxièmement le coût d’un repas complet en restaurant se situe entre 15 et 20€ à Paris selon Paris Infos contre environ 10€ au Mcdo.


Enfin on note un accroissement du nombre de fast-foods dans les grandes villes rendant ce mode d’alimentation, à la fois rapide et peu cher, disponible sur tout le territoire français. Question2sante classe d’ailleurs depuis 5 ans les villes les plus touchées par la malbouffe avec en tête Bordeaux.


Il est donc à noter qu’en se basant sur les recommandations nutritionnelles, ils ne sont pas la cause unique de l’obésité.

De plus, les trois points détaillés à l'instant ne sont pas exclusifs des junk foods. En effet les supermarchés - pour ne prendre qu'eux - proposent également des biens de consommation caloriques et peu chers avec une disponibilité territoriale et horaire similaire à celle des fast-foods.


Toutefois, comme le souligne le docteur Marion Nestle, les avantages des fast-foods (rapidité, faible coût, disponibilité…) incitent à un sur apport calorique et, combinés à un manque d’efforts physiques, peuvent entraîner un surpoids voire une obésité. Bien qu'ils aient un rôle évident dans l'augmentation de l'obésité, il est donc faux de dire que les fast-foods en sont LA cause. Cette cause étant principalement l'évolution des modes de vie avec notamment une sédentarisation accrue des populations.


Cependant, si l’on associe souvent la restauration rapide à la malbouffe, la tendance est au changement. En effet des fast-foods « healthy » sont en train de se développer (Dubble, Pokéria…) et touchent notamment les jeunes, apparemment plus enclins à faire attention à leur alimentation et déjà familiers avec la culture du fast-food. Si ces restaurants restent encore plus chers que les enseignes de junk foods, leurs coûts sont inférieurs aux restaurants traditionnels et pourraient continuer à diminuer dans les années à venir, attirant de plus en plus de clients et obligeant Mcdo (et les autres) à revoir leur offre.