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Qu'en est-il de la destitution de Trump ?


All - American Trump par Jon McNaughton



Question de : Allan, 38 ans, plombier : "Qu'en est-il de la destitution de Trump?".

Réponse de : Alexis, 19 ans, étudiant.



En pleine procédure d’impeachment, le président Trump paraît moins puissant et surtout bien moins autonome vis-à-vis du parti républicain (à l'inverse du tableau ci-dessus...). En effet l’appui des Républicains – majoritaires au Sénat – est vital pour le président car sans lui, sa destitution est inéluctable. 


Le 24 septembre 2019 Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants (à majorité démocrate) a lancé une procédure d’impeachment contre le président Trump. Il lui est fait grief d’avoir tenté de corrompre le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en supprimant à l’Ukraine une subvention militaire de plus de 390 millions de dollars, dans le but d’obtenir des informations compromettantes sur le fils de son opposant démocrate – et favori des élections futures – Joe Biden.


Toutefois, à un an des élections présidentielles américaines, la guerre de l’impeachment semble plus être une guerre d’opinion voire une course électorale anticipée.

Peu de temps après le lancement de la procédure d’impeachment, le mania des réseaux sociaux Donald Trump a payé plus de 5 millions de dollars en publicité à Facebook afin de susciter à son égard une opinion favorable. Pour ce faire, tous les coups sont permis, même l’utilisation de fake news comme le fait que Joe Biden aurait « promis 1 milliard de dollars à l’Ukraine s’ils licenciaient le procureur qui enquêtait sur l’entreprise de son fils ». Toutefois cette petite démarche du président s’est montrée plutôt fructueuse car elle lui a rapporté plus de 15 millions de dollars de dons en 72 heures. Ici, comme le souligne le TIME avec sa couverture « Quid Pro Dough », il s’agit plus d’une petite levée de fonds en vue des élections de 2020 que d’une défense sérieuse contre les accusations démocrates.

De plus, les publicités de l’actuel président américain ont un double-objectif politique qui est, d’une part de préserver son électorat en les rassurant et d’autre part de semer le doute parmi l’électorat adverse en visant les têtes de liste démocrate – quitte à utiliser des fake news comme vu précédemment.


Trump a parallèlement déclaré que cet impeachment était « antipatriote » et que les démocrates cherchaient à « déstabiliser » les Etats-Unis. En effet, malgré le style caricatural des propos du président, il se pourrait bien que, dans le fond, il n’est pas tout à fait tort. Pourquoi les démocrates lanceraient-ils une procédure d’impeachment – ayant peu de chances d'aboutir – seulement un an avant les prochaines élections ?


De plus Nancy Pelosi avait longtemps hésité avant d’engager cette procédure. Sachant que le chef d’Etat Trump tentera une nouvelle fois sa chance fin 2020, elle prend le risque que cette accusation, si elle s’avère sans suite, se retourne contre son parti. En effet il est facile d’affirmer que la situation actuelle n’a d’autres objectifs que la déstabilisation de Donald Trump à l’approche des prochaines échéances électorales.


Il est donc difficile de dire quel est le véritable but de la procédure d’impeachment lancée fin septembre par le parti démocrate. Cependant si une chose est sûre c’est bien l’inintérêt par les médias américains de la situation de fond qui touche cette affaire, à savoir la corruption du président ukrainien. Tous semblent se concentrer sur les conséquences internes de l’affaire avec une question qui persiste : « Et si la course aux élections de 2020 venait de commencer ? ».



La guerre d’opinion déclarée par Nancy Pelosi ne prendra donc fin qu’aux prochaines élections présidentielles américaines tant l’impeachment paraît impossible. En attendant, Donald Trump continue à nier en bloc les accusations qui lui sont faites à coup de messages sur les réseaux sociaux, de meetings ou encore de phrases-chocs telles que « c’est la plus grande chasse aux sorcières de l’Histoire américaine »… Rien que ça !